On pourrait croire que je suis particulièrement porté sur la bouteille juridique, mais en fait, c’est surtout l’actualité blogosphérique de ces derniers temps qui me pousse plutôt à écrire là dessus.
Il faut dire que le rythme auquel les procès à l’encontre des acteurs du web s’enchainent a de quoi rendre nerveux. Et les réactions se font de plus en plus violentes et irréfléchies. Je voulais donc essayer, autant pour moi que pour ceux qui liront cet article, de faire un point calme et le plus neutre possible sur ce sujet épineux.
J’écris cet article moi même assez échaudé à cause du verdict dans l’affaire Fuzz/Eric Dupin. C’est un assez bon exemple de ce qui se passe en ce moment, d’autant plus que c’est cette affaire qui semble avoir réveillé le plus de gens.
En premier lieu, le contexte : plusieurs blogs et Fuzz ont été assignés en justice pour une news portant atteinte à la vie privée d’une personnalité. Dans cette affaire, il faut bien faire la différence entre un blog dont le contenu est édité par le webmaster et un aggrégateur dont le contenu est édité par les utilisateurs et seulement hébergé par le webmaster.
D’après moi, les blogs inculpés dans cette affaire sont en effet responsables et méritent une peine appropriée à la fois au délit et à leur taille. Tout comme les magazines people sont régulièrement attaqués, les blogs people doivent savoir qu’ils prennent les même risques. En France, on n’a pas le droit d’exposer la vie privée d’une personne sans son accord, aussi célèbre soit elle. Savoir si c’est justifié est une autre question, mais l’idée est que dans le cas présent, il n’y a pas de raison que les blogs soient traités différemment.
Mais dans le cas d’Eric, il faut voir les choses autrement, puisque pour qu’un site comme Fuzz soit intéressant, il doit traiter plusieurs centaines d’informations par jour. Il est donc humainement impossible de contrôler chaque information laissée par les utilisateurs. C’est pourquoi la LCEN ( LOI n° 2004-575 du 21 juin 2004 pour la confiance dans l’économie numérique) reconnait des rôles différents comme éditeur et hébergeur. Et il paraît clair pour beaucoup de monde que les blogueurs et les utilisateurs de Fuzz sont éditeur alors qu’Eric en tant que simple webmaster de Fuzz est hébergeur. Et c’est là que repose tout le dilemme de cette affaire, un hébergeur va-t’il être condamné.
A final, Fuzz a en effet, bien malheureusement, été condamné à 1000€ de dommages et 1500€ de frais de justice plus ses propres frais de justice, la note grimpe vite.
Si je suis déçu et assez dégouté par le résultat de ce procès, point de vue inquiétude, je suis mitigé. Si Eric a été condamné ce n’est pas en tant qu’hébergeur mais parce que le juge a considéré qu’il était éditeur. Dans ce cas, il me semble qu’on ne peut pas parler d’une nouvelle jurisprudence En effet, si Eric est éditeur, il ne fait que tomber sous le coup d’une jurisprudence déjà existante. N’étant pas juriste pour deux sous, il faudrait me confirmer ça, mais si cette hypothèse est bonne, les représailles qui se préparent un peu partout sur le web francophone n’auront pas grand intérêt.
Mais même si je me trompe, quel est l’intérêt de ces représailles expresse trop peu réfléchies ? Ca va de la tentative de google bombing ratée d’avance (un simple coup de fil de l’avocat et Google mettrai en place le filtre nécessaire) à la grève du blog (plus d’articles pendant 1 à 3 jours, sachant que la fréquence moyenne sur un blog doit être plus proche de 1 article tout les 7 jours que de 10 par jour) en passant par la manifestation à l’ancienne. Mais ne faire qu’alerter l’opinion est surement assez futile, lors des annonces de cette affaire sur les grands medias, la seule chose retenue par le pecus vulgus c’est le nom de l’acteur.
Si une réaction s’avère vraiment utile, ce n’est pas la guerilla qui arrangera quoi que ce soit, c’est l’organisation, et la discussion en bonne intelligence. Ceux qui arrivent à canaliser les choses lors de l’établissement de nouvelles lois, ce sont les associations qui montent des dossiers et argumentent pour défendre leur point de vue, pas les excités qui crient sous les fenêtre ou alors ils doivent être vraiment nombreux et avoir décidé de tout reprendre à zéro.
Je sais, je n’apporte pas vraiment de solution car je ne me vois pas prendre les rennes d’une association suffisamment importante pour être écoutée en haut lieu, mais je reste persuadé que les initiatives isolées et à très court terme de quelques blogueurs resteront parfaitement stérile.








































effectivement, Si Eric est éditeur, il DOIT être condamné… seul souci, il est hébergeur de part le fonctionnement de Fuzz… et c’est la que le bas blesse.
Je pense que l’action intelligente (et cela n’engage que moi) c’est de trouver un moyen juridique pour payer la note d’Eric… en gros, se cotiser. Embruns me dit que cela est tendancieux/illégal (voir car Guillermito/Tegam) j’ai donc contacté un pote avocat… j’attends des news.
Le drapeau est en berne… Le Web 2.0 français vient de prendre un sal coup…
Je ne peux qu’être d’accord avec toi cependant il faut constater que le buzz a largement dépassé le noyau de blogueurs d’origine, donnant surtout de la visibilité à Eric. Pour maximiser le taux de transformation de l’opération, il faudrait que Eric lui-même réunisse autour de son nom une structure adéquate. Toute autre tentative risquerait de perdre les internautes qui ont suivi l’affaire de plus ou moins loin.
@Ravana : Du coup, je suis pas sur que le drapeau en berne ne doive dépasser le cas d’Eric. C’est à mon avis juste un juge pas très au fait de tout ça qui n’aura pas su voir ou comprendre le statut d’Eric. Et je suppose qu’on est loin de la jurisprudence condamnant les hébergeurs mais plutôt dans l’erreur d’appréciation du statut d’Eric, et donc loin d’une réelle crise du web communautaire. Du moins si j’ai raison sur cette histoire du jurisprudence.
@Boris : Ce que tu dis peut aller de paire avec l’idée de donner un coup de main à Eric. Si on l’aide à monétiser le buzz qu’il y’a autour de cette affaire, il devrait pouvoir récupérer une partie non négligeable de la somme. Pour la peine, je vais allez cliquer sur ses adsense
@Ravana
Salut, Je ne suis pas contre pour aider Eric et se cotiser à payer sa note, mais si on en reste là, on fait comme si il ne s’était rien passé. Et la je suis pas d’accord ! La répétition de ses affaire juger n’importe comment m’exaspère et le problème c’est que les personnes qui jugent ces affaires préfère mettre de petites amendes qui au finalement étoufferont l’affaire, les deux parties étant plus ou moins satisfait et comme çà ils n’ont pas besoin de se pencher sur le sujet et sur la complexité du Web.
Pour ma part je suis pour une journée de mobilisation de la blogosphère genre une journée sans Blog et contrairement à ce que je peu lire, rien ne nous empêche ensuite de rentrer dans le cœur du débat, bien au contraire.
Mais si chacun fait sa propre analyse de son coté je ne pense pas que ça fasse le même effet. Prenons un exemple simple et d’actualité, le Google Bombing contre OM a finalement était relayé pas plusieurs média.
Il ne faut pas que cette affaire n’alerte que nous bloggueurs mais vraiment tout le monde !
Et comme déjà dit, “tout le monde” il en à rien à faire.
Regardes le pourcentage dans ta famille ou tes amis qui s’en foutent… Non pas qu’il n’aiment pas profiter de ce web, mais ils ne connaissent pas assez pour se pencher là dessus et préfère faire confiance aux intervenants direct et à la justice, exactement comme tu le fait pour les autorisations de terrasses pour les bars et les restaurants. Et pourtant c’est une vraie guerre ces autorisations avec surement beaucoup plus de rebondissements et d’argent en jeux que l’histoire qui nous intéresse là. Mais au final, tu laisses ceux qui baignent dedans s’en charger, ils connaissent mieux que toi. Rares sont ceux qui remarquent qu’il y’a des grèves et quand c’est le cas, encore plus rares sont ceux qui cherchent à savoir pourquoi.
Et il faut arrêter de se gargariser sur notre soit disant influence. On estime que 0,03% de la blogosphère à parlé de cette affaire… une paille. Mais il a suffit qu’un seul blogueur contact directement un journaliste pour qu’il en a parle et que par boule de neige les autres journalistes en parlent aussi.
Ce ne sont pas quelques centaines de micro blogues qui vont faire bouger les choses, mais la dizaine de vraiment motivés qui vont aller de l’avant au lieu de crier en espérant qu’on les entende.
Une grève du blogging, ça a de la gueule, comme une flash mob, pas comme une révolution. Et ça répond bien au pré-requis de nos égos sur dimensionnés.
Et oui, je me classe aussi dans cette catégorie que je dénigre, parce que ça me demande un réel effort de prendre ce point de vue neutre, qui me semble au final plus juste, au lieu de répondre à l’appel de cet égo de blogueur que j’ai moi aussi et qui m’a immédiatement crié “grève”, “manifestation” ou “rébellion”. Mais en prenant un peu de recul, ça serait plus un exutoire qu’une solution.
NON il ne faut pas se taire pour réagir car comme l’a démontré Séverin cela reviendrait à aller dans un même sens que le côté d’en face…
Ce qu’il faudrait faire ? Et bien parler justement… Je suis inconnu dans la blogosphère (et totalment newbies) et même si je n’ai pas rédigé d’article sur cette affaire, cette histoire me touche et je la suis depuis le début. J’ai clairement dans l’idée que le mieu c’est d’en parler et d’en faire parler, au delà des blogs persos je pense même. Pourquoi ne pas réaliser un blog commun contre la censure et pour la reconnaissance des journalistes amateurs… Bref un gros truc central.
Après voilà c’est l’idée qu’il me vient en lisant ce débat.
Je pense que les action à entreprendre vont bien au delà du blog commun.
Aujourd’hui, il y’a une professionnalisation de l’amateurisme dans le blogs.
J’explique cette phrase bizarre : des blogueurs, avec le succès grandissant, on monté des structure légales, des entreprises. C’est exactement la situation d’Eric qui reste un amateur dans sa façon de fonctionner avec son blog mais qui a monter une entreprise qui “héberge” Fuzz.
Vu de l’extérieur, il commence à y avoir un mélange des genres et les blogs les plus amateurs sont assimilé à des Google and Co. par simple méconnaissance.
Mais ce n’est qu’un exemple des problèmes que rencontre le web toujours par méconnaissance.
Depuis quelques années, les hébergeurs ou les FAI ont du monté des syndicats pour pouvoir Gérer ses crises juridiques assez fréquentes. Et eux arrivent à faire réflechir les dirigeants.
C’est plutôt un syndicat des amateurs et petits entreprenautes du web la solution à laquelle il faudra songer sérieusement dans les mois/années à venir au risque de voir sombrer tout ce pan du web.